"SOYEZ TOUJOURS CAPABLE DE RESSENTIR AU PLUS PROFOND DE VOUS MEME, TOUTE INJUSTICE COMMISE, A L'EGARD DE QUI QUE CE SOIT, DANS QUELQUE PARTIE DU MONDE QUE CE SOIT. C'EST LA PLUS BELLE VERTUE D'UN REVOLUTIONNAIRE."
Ernesto Che Guevara
""PLUTOT MOURIR VITE ET DEBOUT QUE DE SE CONSUMER LENTEMENT ET A GENOUX."."
Ernesto Che Guevara
"SOYEZ REALISTE: DEMANDEZ L'IMPOSSIBLE."
Ernesto Che Guevara
Introduction
Désormais, de par le monde, révolutionnaires et contestataires ont fait du "Commandante Che Guevara" le symbole de l'appel à la liberté et à l'anti-impérialisme. Che Guevara, déjà héros de son vivant, reste un mythe. Son nom est scandé sur les barricades de mai 68. Il est chanté dans toute l'Amérique du Sud. Le Che est le symbole pour toute une génération, en Amérique latine et dans le monde entier. La déroute du marxisme-léninisme n'a pas enterré l'image d'Ernesto "Che" Guevara. Trente ans après sa mort, il reste le modèle de révolté, le mythe et l'idée résiste.
Lui-même photographe, Guevara a été mitraillé toute sa vie. Cependant, l'histoire ne gardera qu'un seul cliché. Cette photo a été prise par le photographe cubain Alberto Korda le 5 mars 1960 alors que le Che se trouvait à la tribune d'un meeting. Sept ans plus tard, l'éditeur italien Feltrinelli, proche des dirigeants cubains, l'utilise pour une affiche. Le monde entier découvre alors cette sanctification photographique, christique, le regard perdu vers l'avenir et surmonté de l'étoile. Son charme irradiant a réveillé la jeunesse de la vieille Europe et l'a incitée à monter sur les barricades de mai 68. "Sous les pavés la plage, et sur la plage le Che, soleil de la Révolution" proclamait une banderole.
Une autre photographie, montrant le Che sur son lit de mort, marquera les esprits. Son corps, transporté à l'hôpital de Vallegrande, est exposé aux objectifs des photographes pour que la population puisse vérifier qu'il a bel et bien quitté ce monde. Les yeux grands ouverts, presque souriant, le Che paraît vivant. On l'a comparé à un saint ou même au Christ.
"JE NE SUIS PAS MODERE MAIS JE TACHERAI DE NE JAMAIS L'ETRE."
Ernesto Che Guevara
La Jeunesse du Che
Ernesto Guevara, dit le Che, naît le 14 juin 1928 à Rosario de la Fé, en Argentine. Enfant de la petite bourgeoisie aisée, il contracte à l'âge de deux ans une pneumonie qui le rendra asthmatique durant toute sa vie, un handicap qui pèsera lourdement sur son destin. Comme pour conjurer le sort, l'enfant chétif va pratiquer l'exercice physique intensément, notamment la natation et le football.
Dès l'âge de neuf ans, l'inégalité sociale le bouleverse et le hérisse. Les conditions de vie des petits Indiens qui sont ses camarades de jeux sont plus que misérables. Ernesto les fait souvent venir chez lui. Nous sommes en 1937. L'Espagne est dans la tourmente de la guerre civile. Ernesto père forme un Comité de soutien à la République espagnole. Ernesto, quant à lui, transforme la maison familiale en casa del pueblo (maison du peuple ).
Adolescent, il s'adonne au rugby, à l'athlétisme, au tennis, au golf et aux échecs, un exercice intellectuel qu'il prisera toute sa vie. Il est, en outre, un passionné de lecture, son passe-temps favori pendant les longues périodes où il était cloué sur son lit par l'asthme.
Sur les chemins de la maturité...
Peut-être pour se soigner, plus probablement pour soulager son prochain, Ernesto décide au début de l'année 1947 de devenir médecin. A l'âge de 23 ans, il fait un voyage de sept mois et de près de 10'000 kilomètres à moto à travers toute l'Amérique du Sud en compagnie de son ami d'enfance Alberto Granado, lui aussi médecin. C'est lors de ce périple à la Kerouac que se révèle vraiment la vocation d'Ernesto. La révélation lui vient en soignant les paysans qu'il rencontre et en étudiant l'histoire des civilisations précolombiennes. Il est désormais décidé à consacrer sa vie à la lutte de libération des peuples opprimés. C'est à cette époque que Guevara devient le Che.
"SI LE COMMUNISTE NE DEVAIT PAS CONDUIRE A LA CREATION D'UN HOMME NOUVEAU, IL N'AURAIT AUCUN SENS."
Ernesto Che Guevara
Le Che se rend ensuite au Guatemala, un petit pays d'Amérique centrale en proie à la guerre civile, puis au Mexique où il poursuit son apprentissage politique. Il y fait également la connaissance d'Hilda Gadea, une militante marxiste péruvienne qui deviendra sa première femme et qui influencera beaucoup l'idéal politique de son mari.
Au Mexique, on fait précéder le nom des Argentins de el Che. Ce sobriquet provient de l'interjection qui, en argentin, commence ou ponctue les phrases. Ernesto se démarquait de ses amis latino-américains en servant du che à tout bout de phrase. Ce mot lui a collé à la peau. L'origine de l'interjection se trouve dans la langue italienne : Que cosa c'e ?… " Qu'est-ce qu'il y a ? " Les Transalpins ayant émigré en masse vers l'Argentine, leur c'e y est devenu che.